What did you say ? [2]

Comme promis, suite à cet article, je t’en rédige un nouveau pour que tu en saches plus sur ce que je vis au quotidien avec mon handicap. Je ne peux pas généraliser la surdité car chacun a ses différences ! Je voulais ensuite énumérer différents cas mais je me rends compte qu’ils sont bien trop nombreux. Mon cas, c’est d’être sourde de naissance, d’avoir été appareillée à l’âge de 3 ans et d’avoir appris à parler comme tout le monde. Il y a tellement de choses à dire à ce sujet que je vais préparer plusieurs articles avec des thèmes différents ! Pour ce premier article, je te parle de la musique :

Quel est ton rapport à la musique ? En écoutes-tu ou pas du tout ? La musique à la maison ou dans la rue ? Instruments, concerts ?

La question qui revient très souvent, c’est le rapport à la musique, car je sais que beaucoup d’entre vous ne pourraient pas se passer de musique. Je vous envie ! Je suis très sensible à la musique mais c’est différent. Pour être clair et que tu comprennes bien : je suis obligée de me concentrer sur une musique pour « vraiment » l’écouter. Tu comprends ? Dans la rue, à la maison, dans la voiture, s’il y a de la musique et si je fais autre chose, je ne l’entends pas. Il faut donc que je me concentre pour l’écouter, mais parfois le bruit environnant m’empêche de l’entendre. L’endroit où je préfère écouter de la musique c’est au calme chez moi. Une fois que je connais la musique par coeur, je peux vraiment l’apprécier. Au fait, si tu me proposes un « Blind Test », sache d’avance que je perdrai.

J’ai eu la chance de faire quatre ans de piano. Je sais toujours pianoter quelques morceaux comme « Mad world » de Gary Jules, « Comptine d’un autre été » de Yann Tiersen. J’aimerais beaucoup apprendre « Bella’s Lullaby » de Carter Burwell et « Mistral Gagnant » de Renaud et plein d’autres. Pour les pianistes qui me liront ou ceux qui comprendront, je suis obligée d’apprendre une partition par coeur, chose que je déteste car la musique passe avant tout par les oreilles. La manière de poser les mains sur le piano, de ressentir la musique à travers le corps, la fluidité des doigts qui se baladent sur les touches pour que la musique et moi n’en fasse plus qu’un. Chez moi il y a un blocage, j’ai plutôt l’impression d’être un robot qui pianote pour reproduire la chanson à la note près. Heureusement, je sais qu’avec beaucoup d’exercices et de longues heures de piano, je saurai reproduire la musique comme il faut. Mon désir de reprendre un jour le piano est grand !

Autre chose, quand on parle de musique, ce sont les écouteurs intra-auriculaires ! Je ne peux pas en mettre car je n’entends rien avec. Imagine ma frustration quand Apple a enlevé la prise jack !! C’est n’importe quoi. Heureusement, il existe le casque. J’utilise un Plattan Tomato de la marque Urbanears  que j’ai eu en solde il y a maintenant 2 ans. Je le pose comme tout le monde sur la tête sauf que je ne le mets pas en face de mes oreilles mais un peu plus haut au niveau de mes appareils. Il se peut, qu’en le mettant sur certains appareils auditifs, ça siffle. A l’extérieur de chez moi, je ne porte jamais mon casque, j’écoute très rarement de la musique car il faut savoir que je mets mon volume à fond pour pouvoir bien entendre, alors imagine dans la rue, les gens me regarderaient bizarrement.

Les concerts et moi, ce n’est pas vraiment le coup de foudre. J’y vais de temps en temps car je suis toujours curieuse de découvrir le milieu et la sensation ! Mais le mieux pour moi reste de connaître l’artiste avant d’y aller. Le pire dans tout ça, c’est les spectacles, les comédies musicales et les humoristes. Il faut tout sous-titrer sinon ce n’est franchement pas drôle. J’ai eu beaucoup de plaisir à voir « La fanciulla del West » de Giacomo Puccini à l’Opéra de Bastille, où tout le texte était visible depuis des écrans en haut de la scène, c‘était vraiment bien ! Je n’ai pas ce problème de : « attends le texte va trop vite, je n’ai pas le temps de voir la scène », je suis habituée. En ce qui concerne le cinéma, j’essaye toujours de voir le film en anglais, sous-titré français. Et puis entre nous les voix anglaises sont bien meilleures non ?  Anecdote, j’ai vu Interstellar en français sans sous titre, tu sais le film qui dure 2h49, j’avais rien compris, j’étais fatiguée d’avoir essayé de lire sur les lèvres et j’étais déçue d’avoir payé ma place pour ne rien comprendre (heureusement, je l’ai revu en Blu-ray avec les sous-titres). Ils attendent quoi les cinémas pour mettre la boucle magnétique, hein ?! Je t’expliquerai ceci dans un prochain article sur « les choses mise en place pour faciliter le quotidien » des gens comme moi.

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J’espère que ce premier article t’aura aidé à comprendre un peu plus. Si tu as d’autres questions n’hésite surtout pas !

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One comment

  1. 3 octobre 2016 at 11 h 22 min

    Merci Lucie pour ce joli article!!

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